Lieu

l'Accroche
72 avenue pont du Luttre

Date

08 Oct 2019

Heure

17 h 00 min - 19 h 00 min

Réunion non mixte entre prolétaires à l’Accroche

Si tu es un exclu économique et culturel,que tu as envie de t’impliquer dans un projet de centre social, ce message s’adresse à toi. Nous partons d’un constat que la bourgeoisie et la petite bourgeoisie occupent la majeur partie de l’espace associatif et culturel de Bruxelles, comme c’est le cas dans bien d’autres capitales. Nous sommes quelques uns à ne plus vouloir tomber dans le piège dont de nombreux collectifs, ASBL, centres sociaux culturels sont tombés en voulant de bonne volonté apporter une aide sociale verticale qui irait de la petite bourgeoisie vers les quartiers populaires sans que les concerné.e.s ne puissent vraiment se réapproprier ses espaces.

Bien entendu, nous avons un noyau dur hétéroclite et de nombreux projets sont d’ores et déjà portés par des individus de classes différentes, ce qui fait aussi la richesse d’un espace comme celui-là. Mais lorsque nous abordons la question sociale les préoccupations ne sont pas forcément les mêmes selon d’où nous venons. Et bon nombre des membres sont en réalité mal positionnés pour identifier les besoins des classes populaires qui restent pourtant majoritaires dans le quartier et ailleurs dans cette ville qui comptent parmi elle plus de 5000 SDF et au moins 5 à 6 fois plus de mal-logés ainsi que des centaines de milliers de bruxellois.e.s qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Comment un centre social dit autogéré pourrait-il s’appeler ainsi si la dimension sociale n’est pas prise en compte par les concerné.e.s directement ? Nous voulons ouvrir un espace de discussion sans bourgeois.e afin de libérer l’espace à celles et ceux qui sont souvent écarté.e.s de facto par des débats intellectuels à rallonge et des réunions formelles dont ils ou elles ignorent bien souvent les codes car souvent très semblables aux codes d’institutions bourgeoises avec lesquels ils ou elles sont plus à l’aise que nous.

Que nous le voulions ou non, nous n’avons pas souvent les mêmes envies, les mêmes goûts, les mêmes occupations ni les mêmes peurs et encore moins les mêmes projets.

L’idée est de réfléchir ensemble en partant de ce que nous avons vécu et les galères que nous avons traversées et que nous traversons lorsque nous sommes fauché.e.s, dans la merde, la zermi et de trouver les petites aides au quotidien qu’un lieu comme celui-là, basé sur le partage et l’entraide, aurait ou pourrait nous apporter. Evidemment pour l’instant, nous n’avons pas beaucoup de budget et toujours aucun subside mais rien ne nous empêche de rêver et de voir en fonction de l’évolution des finances et du réseau de notre ASBL ce qui pourra se faire ou pas en raclant un peu les fonds de tiroirs.

Nous pourrons également parler de ce qui nous attire ou repousse dans des lieux dits sociaux-culturels qui participent parfois malgré eux à la gentrification (la transformation d’un quartier populaire en un quartier essentiellement bourgeois, faisant ainsi monter le prix des loyers). Bref, il est important qu’un lieu comme celui-là ne se transforme pas malgré lui en un nouveau Boboland sans que nous ayons notre mot à dire, sans que nous ayons tenté de reprendre notre autonomie face à la bourgeoisie.

Si toi aussi, tu en as marre que ça soit toujours des bourgeois qui se positionnent en sauveur « des petits pauvres » et que tu as envie de faire envie entendre les besoins réels de nos classes, tu es invité.e à nous rejoindre mardi prochain à 17H au 72, Avenue pont de luttre à L’Accroche. Appelle ou envoie un texte au numéro sur la porte et le ou la dernière arrivé.e viendra t’ouvrir. Les réunions n’auront lieu qu’une fois par mois.

PS : Si tu es petit-bourgeois.e et que tu te sens exclu.e essaye de te rendre compte à quel point tout est fait pour que tu te sentes bien partout dans les lieux « cool » que tu fréquentes, et toutes les fois ou tu exclus sans même t’en rendre compte les plus pauvres des espaces urbains les plus confortables quand ils ne sont pas tout simplement pas payable.

PS (bis) Si tu es un militant.e aisé.e, privilégié économiquement ou culturellement, je ne devrais normalement rien n’à avoir à t’expliquer même si tu es certainement plus habitué.e à la non-mixité de genre ou de race, dis-toi que c’est une expérience de plus dans notre champ d’expérimentation.